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Avr 6, 2023

PBWS-Virtuality

Sommet digital de renom, la Paris Blockchain Week réunit les acteurs incontournables de la blockchain. Malgré une année 2022 très agitée pour l’écosystème, l’attrait pour cette technologie n’a jamais été aussi fort au vu de l’affluence que le salon a connu sur ces quatre journées. Au total, c’est plus d’une dizaine de milliers de personnes qui étaient réunies contre 3500 en 2022, une belle progression qui reflète l’intérêt général porté sur la blockchain.

Au-delà de l’aspect technologique, le contexte macroéconomique actuel a marqué l’édition de son empreinte. De nombreux panels étaient portés sur ces sujets notamment la relation entre banques et cryptos, les MNBC (Monnaie Numérique de Banque Centrale) ou encore les différences entre TradFi et DeFi. Ils ont été l’occasion pour les intervenants de partager leurs perspectives et surtout de rappeler que les deux mondes possèdent des synergies qu’il est important de mettre en avant pour évoluer dans un cadre plus sain.

Aubay était donc présent à l’évènement, l’occasion pour l’équipe blockchain de venir échanger avec des professionnels du secteur, de découvrir de nouveaux acteurs et d’en connaître davantage sur cet écosystème bouillonnant.

Nous vous proposons à travers cet article un pêle-mêle de différents sujets centraux qui ont été abordés lors de l’évènement.

La France, pionnière de la blockchain

 

Quelle est la Place de la France dans le Web3 ?

La France est l’acteur principal en Europe pour l’adoption de la blockchain. Nous avons d’une part, une forte connaissance en maths, cryptographies, et quantiques ; et d’autre part, énormément de start up et d’entreprise du web3 né ou basé en France (Sorare, Ledger, Arianee, Sandbox et +60 PSAN).

Selon Jean-Nöel Barrot, la régulation en Europe n’entrave pas l’innovation, la régulation permet l’ouverture aux marchés. Actuellement, l’AMF et l’ACPR sont très familier avec l’écosystème web3. Cette régulation a pour but de protéger les consommateurs et d’être flexible pour les entrepreneurs, ainsi de développer un marché liquide dans le luxe, et la finance.

 

Banque & cryptos, un mariage impossible ?

 

TradFi et DeFi, des synergies possibles ?

Comme évoqué en introduction, les sujets autour de l’économie et de la finance étaient très nombreux et les tables rondes réunissant des experts se sont succédées au fil de l’évènement.

Tout d’abord, les acteurs présents s’accordent à dire que les deux mondes que sont la finance traditionnelle (TradFi) et la finance décentralisés (DeFi) reposent sur les mêmes mécanismes. Dans ce sens, il est essentiel de ne pas venir séparer les deux notions et de réfléchir à des synergies entre les deux pour créer une seule Fi mêlant le meilleur des deux mondes.

Partant de ce postulat, le secteur de la finance décentralisée a beaucoup à apprendre du monde traditionnel sur la gestion du risque. Financièrement parlant, les produits décentralisés sont très attirants avec des intérêts atteignant parfois plus de 20% mais la majorité sont mirobolants et repose sur des bases peu solides qui risquent de s’effondrer à chaque mouvement important.

De son côté, la finance traditionnelle peut venir s’appuyer sur les innovations offertes par la finance décentralisée pour améliorer les systèmes actuels en termes d’efficience et de coûts. Par ailleurs, le marché des cryptos propose une nouvelle classe d’actifs sur laquelle les institutionnels peuvent venir s’appuyer pour diversifier leurs portefeuilles.

Ivan De Lastours, leader des sujets blockchain chez BPI France, a partagé sa vision en précisant qu’il est difficile aujourd’hui pour les institutionnels de venir s’investir sur les sujets cryptos. D’un côté, la finance traditionnelle est remplie de procédures administratives qui la rende latente. De l’autre, la blockchain est une technologie récente et sa croissance suit un rythme effréné. L’écart de maturité rend donc difficile la parfaite coordination entre les deux mondes.

Malgré ces complexités, certains institutionnels ont pris de l’avance et ont orienté une partie de leur stratégie vers cette nouvelle technologie qu’est la blockchain. Ainsi, on retrouve des noms comme AXA IM, Forge ou encore la Banque des Dépôts qui se penchent notamment sur des sujets de tokenisation financière.

 

MNBC, le futur de la monnaie ?

L’évènement a été également l’occasion de discuter des avancements des projets de MNBC, les Monnaies Numériques de Banque Centrale. L’objectif est de créer un équivalent purement numérique aux monnaies fiduciaires actuels sur des infrastructures gérées par les banques centrales.

Les discussions sur les monnaies numériques se sont accélérées en raison de trois évènements majeurs :

  • La menace d’une création monétaire privée avec le projet Diem de Meta
  • L’embargo américain et les rivalités avec la Chine
  • La pandémie de covid-19.

Actuellement, plus de 90% des banques travaillent sur le sujet et les premières applications réelles se concentrent principalement dans les pays en voie de développement comme le Nigéria et le Costa Rica. Ces pays souffrent d’une inclusion financière faible et ces monnaies numériques ont pour vocation d’accélérer l’accès à la banque pour les populations des pays concernés.

De plus, la Chine a récemment accéléré le déploiement de son e-CNY en ajoutant de manière régulière de nouvelles fonctionnalités. L’Union Européenne suit attentivement le développement du yuan numérique et semble vouloir s’inspirer du modèle chinois pour sa MNBC malgré les divergences de gouvernance.

Cependant, les projets de MNBC ne font pas l’unanimité et il est difficile d’en cerner les avantages. En effet, la situation économique actuelle pousse les populations à reconsidérer leur niveau de confiance dans les institutions financières qui semble s’effriter. Certains des intervenants semblaient éprouver des réticences quant à l’adoption de ces monnaies numériques.

A titre d’exemple, les premiers résultats observés au Nigéria reflètent un échec cuisant où le gouvernement tente de tout faire pour inciter les gens à utiliser le eNaira. Actuellement, le pays fait face à une crise de liquidité importante forçant les banques à limiter le retrait en cash. Le eNaira est une solution au problème de liquidité mais il semble que les citoyens ne soient pas convaincus par son apport dans un pays où l’adoption des cryptomonnaies y est forte.

Par ailleurs, Yorick de Mombynes, conseiller référendaire, a précisé que le Bitcoin est déjà un outil formidable pour ces applications et que les MNBCs semblent être une nouvelle étape dans le contrôle monétaire par l’aspect traçable et programmable de la blockchain. De manière paradoxale, il défend l’idée que le déploiement de ces solutions est une bonne chose car elles vont renforcer l’existence et l’intérêt de Bitcoin où les citoyens y verront une alternative viable à la surveillance financière totale des banques centrales aux travers des MNBCs.

Pour l’heure, ces monnaies nuémriques sont toujours d’actualité et une grande partie des pays développés annoncent un déploiement 2025-2026 de ces monnaies numériques.

 

Et les stablecoins dans tout ça ?

Du côté du pays de l’Oncle Sam, rien n’a été officialisé et il semblerait que le gouvernement réfléchisse à d’autres alternatives comme la création de stablecoins privés par des banques spécialisées.

Le patron de Circle Jérémy Allaire, l’entreprise américaine derrière le stablecoin USDC, était notamment présent sur l’évènement, l’occasion pour lui de rappeler le contexte juridique aux Etats-Unis. Pour rappel, les stablecoins sont des actifs nativement blockchain qui ont un cours adossé à la valeur d’une monnaie fiduciaire. Pour chaque dollar en réserve, l’entreprise sous-jacente peut venir déployer un actif sur la blockchain équivalent à 1$ réel, c’est le cas de Circle.

Actuellement, il n’existe aucune législation spécifique à l’émission des stablecoins aux Etats-Unis et le congrès américain ne semble pas vraiment s’inquiéter du sujet malgré les piqûres de rappel des professionnels. En effet, M. Allaire a qualifié le travail du congrès américain de décevant dans un contexte où les citoyens perdent petit à petit confiance dans les institutions financières. Selon lui, l’avenir financier semble plus se tourner sur les stablecoins, des technologies qui fonctionnent déjà très bien, plutôt que sur les MNBCs.

Affaire à suivre donc, il est possible que certains gouvernements s’orientent vers une solution privée plutôt que publique.

 

Web3, NFT, métavers, que faut-il retenir ?

 

Que sera le métavers-NFT dans le futur ?

Un autre topic fondamental du salon a été celui des métavers, ces mondes virtuels en vogue depuis la renommée de Facebook en Meta. Alors, qu’en est-il de l’adoption de ces fameux métavers ?

Selon le cabinet Mc Kinsey, plusieurs catalyseurs permettent de faciliter l’adoption du métavers.

Premièrement, les derniers sondages montrent un vrai engouement où plus de 50% des sondés semblent prêts à l’utiliser régulièrement d’ici 5 ans.

Deuxièmement, l’accélération de l’adoption de l’IA notamment par l’arrivée de ChatGPT est bénéfique aux métavers. En effet, toutes ces innovations digitales sont complémentaires et les solutions se développent. Au total, le nombre de plateformes virtuelles a bondi de 200% et le marché du métavers a cumulé un total de 120 milliards de dollars de subventions en 2022.

Troisièmement, le marché des NFTs semblent se démocratiser et de grands acteurs commencent à comprendre les plus-values de la combinaison métavers-NFT. Aux alentours des 2030, le marché des métavers pourrait peser 5000 milliards de dollars, une statistique en adéquation avec les estimations de l’adoption de la blockchain.

L’univers du métavers semble infini comme l’usage des Nfts est sans limite : customisation d’objets, fidélisation d’utilisateurs, expériences uniques, usine du futur, showrooms virtuels, engagement de communautés, jeux ; tant de possibilités qui présage un avenir radieux pour le secteur.

 

 

Des limitations qui freinent l’adoption

Au sein de l’écosystème blockchain, le concept de métavers englobe les mondes virtuels dans lesquels les utilisateurs jouent, construisent, développent ces univers tout en partageant leur expérience avec d’autres joueurs. The SandBox, un métavers voxélisé, en est un parfait exemple.

Actuellement, les métavers se basent sur les jeux-vidéo classiques en ajoutant une couche blockchain accompagnée d’une cryptomonnaie pour ajouter l’aspect économique au jeu. Cependant, quelques défis majeurs freinent l’adoption de ce type de solutions :

  • Simplifier l’expérience utilisateur en facilitant la création des portefeuilles virtuels qui permettent aux joueurs de se connecter à ces métavers. L’utilisation d’un portefeuille crypto nécessite une vraie connaissance, un élément repoussant pour les nouveaux joueurs.
  • Résoudre le problème d’interopérabilité entre les différents univers. Les NFTs conçus pour les métavers ne sont compatibles qu’avec un seul monde. A terme, l’objectif serait de créer des ponts entre les différents métavers pour permettre aux joueurs d’utiliser leurs actifs dans chacun des univers.
  • Accroître la performance globale des blockchains. Afin d’embarquer un plus grand nombre d’utilisateurs, les solutions blockchain doivent se mettre à l’échelle pour permettre un plus grand flux de transactions, limité aujourd’hui par les architectures. Dans un monde idéal, les prochaines blockchains devraient être scalables, interopérables et à faible coût.

 

La web3 au service du luxe

Englobant les innovations que sont les NFTs et les métavers, le web3 a également été l’un des topics phare de l’évènement. Sur ce sujet, nous avons eu l’opportunité d’assister à une table ronde passionnante autour de l’apport du web3 dans le secteur du luxe.

Pour rappel, le web3 représente ce nouvel internet basé sur les applications blockchain. Contrairement au web2, cette nouvelle infrastructure apporte aux utilisateurs la propriété digitale notamment à travers les NFTs.

Dans le cadre du luxe, les grands acteurs y voient une opportunité de venir fédérer une communauté. En effet, les utilisateurs possèdent des objets digitaux leur permettant de participer à des évènements uniques (salons, défilés, rencontres…) ainsi que d’exposer leur collection et d’habiller leur avatar dans le métavers. En ce sens, de nouveaux artistes émergent puisque qu’il est plus facile de créer des collections digitales que physiques.

D’autre part, le web3 améliore énormément le KPI « Key Performance Indicator ». La transparence de la blockchain permet aux entreprises de cibler les préférences de leurs consommateurs afin de réajuster les solutions existantes.

De plus, le web3 s’inscrit dans l’économie circulaire car les consommateurs sont plus facilement engagés et fidélisés à de nouvelles expériences proposées par l’artiste à la marque améliorant ainsi le brand building.

 

 

Une conclusion en beauté !

 

Célèbre pilote de F1 français, Pierre Gasly était l’invité final de l’évènement, l’occasion pour lui de partager son expérience et son ressenti global sur l’écosystème blockchain. A travers sa collaboration avec Fantom (blockchain d’infrastructure), il s’est pris de passion pour cette technologie et suit régulièrement les news et le marché. Sur ce point, il a exprimé son opinion sur le manque d’éducation qui fait défaut et tout particulièrement sur le rôle des médias plus intéressés par le cours du Bitcoin que par les apports concrets de la blockchain.

De manière personnelle, il est convaincu par la technologie et y voit déjà de l’intérêt dans la formule 1. En effet, il a notamment évoqué le prisme de l’engagement de communauté avec la création des fan tokens, ce nouveau type d’actif permettant aux fans d’être récompensés par leur investissement et leur support.

Pour l’anecdote, le circuit de Singapour est, selon lui, le plus difficile du calendrier où les pilotes perdent en moyenne 3 à 4 kilogrammes sur une seule course ! C’est dingue n’est-ce-pas ?

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Clément

Clément

Blockchain Engineer

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